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Dany Sénéchaud : « Poker, roulette, échecs, loto : même combat ? »… ce titre indiquant le thème du hasard aux Echecs m’évoque d’emblée ce mot du champion Kasparov que l’on interrogeait sur le début peu usité 1.g4 (Grob) : « les Echecs ne sont pas les dominos ». Il est évident que pour un joueur de haut niveau tel que Kasparov et peut-être tout Maître et Grand-Maître, le hasard ne doit avoir sa place dans le jeu. Zukertort annonçait déjà : « les Echecs, c’est la lutte contre l’erreur ». Dans ce sens, il faut comprendre qu’aux Echecs il ne s’agit pas de choisir aveuglément ses coups, d’établir un plan à l’aveuglette : tout à ce jeu est sujet à délibération de l’esprit avec lui-même.

Une hésitation demeure dans le choix entre deux coups semblants pertinents (« coups candidats »), il s’agit bien alors de remettre méthodiquement chacun d’eux en question. Jamais, de façon sérieuse, l’espérance du fort joueur dans un tournoi digne de ce nom ne relèvera d’une quelconque donnée hasardeuse. Les Echecs relèvent d’une « logique de l’effort ». Pour preuve ces Zeitnots extrêmes dans lesquels les plus forts joueurs se retrouvent souvent : par exemple 20 coups à jouer en une poignée de minutes montrant bien que jusque là, les 20 premiers coups à réaliser, ledit joueur n’avait voulu laisser place au hasard dans son début de jeu.

Les Echecs pour lesquels on maintient encore de nos jours l’appellation de Noble Jeu se révèlent être au sens fort une « recherche de vérité » ; ce qui le distingue notablement du 421 ou autre jeu dit fort à propos « jeu de hasard ». Raison pour laquelle Mme de Sévigné en son temps (et c’est une de rares propositions connues sur le hasard aux Echecs), pouvait dire : “Le jeu d’échecs est le plus beau et le plus raisonnable des jeux. Le hasard n’y a point de part”. [Certainement l’expression est excessive, car il faut bien admettre qu’il y a une donnée aléatoire à ce jeu comme dans toute activité humaine, mais c’est qu’il s’agit ici dans un ordre comparatif d’établir avant tout : “(il est) le plus raisonnable des jeux”. D’établir aussi la primauté de l’effort de la raison analytique et réflexive contre la facilité immédiate du résultat aléatoire.]

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